Semaine 1 : Le vivre ensemble

Un bout de confinement à 8 ?! … Allé ! Challenge !

Le 2ème confinement arrive… Ouf ! On est tou·te·s les 5 à la maison ! Se pose alors la question d’accueillir d’autres personnes avec nous pour qu’elles profitent aussi du cadre et du groupe. Bon, ce sont des personnes qu’on sent bien mais quand même, est-ce que ça sera pas un peu chaud d’être 8 non stop, en étant confiné·e·s ? …

Rien n’est laissé au hasard, dès le premier jour, on a mis en place des outils pour nous aider à organiser la vie à 8, histoire de rendre le tout léger, fluide et efficace. On vous explique.

1. Le tableau !!

On a utilisé un tableau sur lequel on a listé les jours de la semaine et différentes catégories : repas du soir, courses, ménages, activité et film. L’idée est que chacun·e peut s’inscrire dans n’importe quelle case pour dire au groupe qu’iel propose de participer à cet aspect-là de la vie à ce moment-là. On s’est dit que ça serait sympa d’avoir des groupes différents chaque soir pour préparer le repas, de même pour les courses et le ménage. Et, surtout pour les repas, un genre de petit jeu se met vite en place où chacun·e a envie de proposer sa petite recette, son plat fétiche. Sur une semaine on a donc eu des mets aussi originaux et délicieux que des fajitas, des steaks végétariens, des pâtes al vino ou de la garbure (une soupe du Sud-Ouest). Au final, le fait de cuisiner pour le groupe ou de faire une tâche pour la maison n’est plus une corvée, c’est un jeu et un plaisir. Pourquoi ? L’idée c’est de s’inscrire si et seulement si on offre avec joie au groupe. On le fait donc en conscience et sans le vivre comme une exigence (ni de la part des autres, ni de soi-même). On sait quel(s) soir(s) on sera d’office, et on sait que les autres soirs on mangera un repas délicieux sans s’en soucier. Et le fait que chacun·e ait envie de partager donne envie aux autres de faire de même, pour un cercle vertueux magnifique 🙂

Ce tableau est aussi très très chouette pour ses dernières colonnes : qui veut peut proposer une activité ou un film. On a eu une initiation au Systema, du yoga, des jeux de société, des balades, des moments sportifs, des documentaires… Ça apporte une richesse de ouf parce que chacun·e peut apporter sa singularité, et une grande légèreté : pas besoin de discuter des heures pour s’organiser, les choses se font « toutes seules » sur le tableau.

2. La boîte à mercis

Ça tombait bien, on en avait justement déjà discuté à 5, c’était d’autant plus intéressant de l’expérimenter à 8 ! L’idée est toute simple : des petits bouts de papier sur lesquels chacun·e peut venir écrire un merci à n’importe quel moment et glisser dans la boîte. L’idée est encore une fois d’apporter de la légèreté et d’encourager la célébration. C’est vrai qu’on n’est pas toujours tous·te·s raccord sur nos timing, parfois on ressent une émotion, une gratitude super forte et c’est pas forcément le moment de la partager avec tout le monde, ou on n’ose pas, on ne sait pas comment s’y prendre. L’idée est de célébrer, peu importe le fond et la forme : on peut remercier une personne en particulier pour une action en particulier ou tout simplement remercier la vie de ce qu’elle nous donne.

On a décidé de faire un tour de la boîte à mercis une fois par semaine. On se la fait tourner et chacun·e lit à tour de rôle un mot tiré au hasard. Ça donne l’occasion de moments de complicité muets et aussi de grandes effusions, de rire et d’échanges. On peut ainsi réaliser à quel point on se sent soi même très reconnaissant pour telle ou telle chose et ça aide à capter l’état d’esprit des autres. Un beau moment de communion.

3. Les temps calmes

Enfin, on trouve que c’est important de « ritualiser » des moments de parole libre. On pense qu’il n’est pas suffisant de croire que les choses se diront naturellement, sans prévoir un temps dédié pour ça, i.e. éviter le célèbre « Faut qu’on parle ». Pour ça, on prévoit un peu de temps pour pas se sentir speed et on se réunit tous en cercle. L’idée est simple : chacun·e aura un temps pour s’exprimer et dire tout ce qu’iel veut sur la vie en collectif à la Tuilière. C’est l’occasion de dire comment on vit les choses, ce qu’on aime, ce qu’on n’aime pas. On se rend compte en pratiquant que souvent la personne qui parle regarde dans le vague, comme si on regardait à l’intérieur de soi et plus à l’extérieur. Les autres ne nous interrompent pas, ne réagissent pas (ou discrètement). L’idée est aussi de ne pas réagir ou répondre à quelqu’un une fois notre tour venu, pour éviter de parasiter sa propre expression, ça peut venir dans un second temps de discussion. Précision : ce format est intéressant pour toute taille de groupe, même à deux, même en couple 😉 #Dyads

L’exercice vise l’expression libre et l’écoute active. Pour favoriser une profonde sensation d’apaisement et de connexion avec les autres. Il est aussi super intéressant de réaliser comment les autres vivent les choses, on en apprend beaucoup, sur ce qui est important pour eux, ce qui les gênent… Ça aide ensuite doublement : si on a envie de prendre soin de certains aspects, on sait mieux comment s’y prendre (même si aucune demande n’a été faite), et sinon on peut mieux comprendre les réactions et états d’esprit des autres, s’y adapter et moins les prendre pour soi.

Anecdote sur l’origine du nom #Interview

On pose notre micro sur le menton d’un·e habitant·e de la Tuilière qui a accepté de nous rencontrer à condition d’être flouté·e #SecteDangereuse

Ce jour-là, il y avait ma nièce, excitée, exigeante. Ma mère a commencé à parler des moments de sieste et de jeux silencieux organisés dans sa classe de primaire, pour éviter de la retrouver dans cet état-là. La maîtresse appelait ces moments des « temps calmes ».

Propos recueillis par Circée Latuile

Finalement ….

… Malgré quelques éventuelles appréhensions de départ (après tout, c’est pas rien de vivre ensemble !), le temps calme de clôture a révélé qu’on a tous été très heureux d’avoir vécu cette expérience. Et c’était un peu l’objet de notre projet d’oasis. Ça nous a montré que ça marchait : on peut très bien vivre nombreux en harmonie si on le décide et qu’on emploie les bons outils pour ça, tant ceux qu’on a décrit ici que des aspects plus structurels comme l’espace, le confort, l’intimité de chacun·e…

Je crois qu’on s’est senti·e·s très heureu·x·ses et chanceu·x·ses de pouvoir vivre une telle expérience, dans de si bonnes conditions. Et ça nous conforte dans l’idée que notre projet d’oasis était ce à quoi on aspirait : un lieu dans lequel on puisse s’épanouir à la fois en groupe et individuellement, où on puisse avoir tant la liberté et l’intimité, que la richesse des partages et la connexion avec les autres. Dans ces conditions, on se sent serein·e et fort·e 🙂