7- La succession des couleurs

Cette année nous avons vécu notre premier printemps à la Tuilière. Pour la première fois de ma vie, j’étais plusieurs fois non stop à observer le jardin et les environs, activement et consciemment. Et je me suis trouvée un petit jeu : trouver les périodes de couleur.

J’ai observé un schéma d’apparition des différentes couleurs, et j’ai eu bien l’impression qu’elles se succédaient dans un ordre bien précis. Je vous raconte.

En février/mars, les plus précoces ont été les jaunes ! Les forsythia surtout, quasiment les seuls en fleurs si tôt et pétant d’une couleur vive. D’ailleurs, à bien y regarder, c’est la continuité de l’automne précédent, où toutes les feuilles jaunissent. A cette période nous ramassions de la primevère officinale, ravissante petite fleur duveteuse également jaune. Peu de temps après sont arrivés les jonquilles, les lamiers jaunes, les boutons d’or, les genêts et les pissenlits.

Ensuite ce fut le tour des violets ! Nous avons attendu longtemps les premiers iris mais ils ont été annoncés par le lilas, les arbres de judée, les glycines, le lierre terrestre, les violettes (tout simplement !)…

Talonnés de près par les bleus, assez proches : véronique, romarin, bleuets et céanothe.

Enfin, démarre en ce moment la période blanche ! Les paquerettes et le muguet avaient pris de l’avance il faut bien le dire, elles sont maintenant rattrapées par les aubépines, les pissenlits en graines, les lilas blancs, les camomilles, les sureaux et les acacias. Au porager, les fèves, les pois, la roquette et bientôt les patates fleurissent en blanc.

Quelle sera la prochaine couleur à apparaitre ? Le rouge ? Le orange ? Le noir ?? Le vert ?!

C’est marant non ?! L’idée que la nature se soit organisée pour “ranger” les couleurs. Ce n’est peut être qu’une impression, qui laisse le loisir de se poser et d’admirer ces belles couleurs. Je me demande quand même s’il n’y a pas quelque chose derrière tout ça, l’adaptation à l’emergence progressive de différents insectes, qui seraient sensibles à différentes couleurs ? Si je découvre quelque chose à ce sujet, je vous en fais part !

Pour les actualités du moment, au jardin du moins, on a récupéré beaucoup d’eau de pluie : il est tombé 180 mm !! Heureusement qu’on s’était équipés de 3 cuves de 1000L, tout est plein ! On va essayer d’en trouver d’autres et on a le projet de refaire les gouttières du préau (châpi) avec du bambou 🙂 On vous racontera !

6 – Le zéro déchet

Bienvenue pour un nouvel article sur la Tuilière A Ciel Ouvert !

Nous avons décidé d’aborder cette fois-ci la question de la gestion des déchets au sein de notre petit chez nous.

Nous sommes globalement dans une démarche de zéro déchet, c’est-à-dire que nous essayons dans les différents aspects de notre vie sur l’Oasis de réduire nos déchets.

Dis-comme ça, ça peut sembler soit simple et évident pour certain.e.s, soit flou et compliqué pour d’autres, c’est pourquoi je vous propose en introduction un petit topo pour formaliser un peu la démarche.

On ne va pas rentrer dans les détails non plus (les plus curieux pourront aller se documenter sur internet ou auprès de leur libraire favori), mais je dois quand même vous parler de la base : la règle des 5 R. A la fois un moyen mnémotechnique et le fondement de la démarche, vous pourrez dès aujourd’hui l’apprendre et le réciter tous les soirs avant d’aller au lit, ou même vous le faire tatouer !

  1. Refuser
  2. Réduire
  3. Réutiliser/Réparer
  4. Recycler
  5. Composter (Rot en anglais !)

Voyons un peu ce qui ce cache derrière chaque point :

  1. Refuser, c’est-à-dire les choses dont vous n’avez pas réellement besoin. Ça peut-être des objets qui vous sont proposés (un flyer dans la rue, un stylo gratuit chez le garagiste, un flacon de shampoing à l’hôtel), ou des choses que vous allez chercher par vous-même, un peu par instinct (un Kleenex ou une feuille de Sopalin, une nouvelle voiture parce que James Bond a la même…). La question à se poser pour vous aider sur ce point, avant d’acheter ou d’accepter un objet, c’est « est-ce que j’en ai vraiment besoin ? ».
  2. Réduire, ça concerne cette fois-ci les choses dont vous avez vraiment besoin. L’idée est alors d’anticiper la quantité de déchets qui sera liée à votre achat ou action, et de choisir l’alternative qui permet de la minimiser. Cela peut concerner les emballages notamment : privilégier les aliments en vrac lorsqu’ils existent, et de préférence dans des contenants réutilisables, ou alors préférer des objets avec des emballages biosourcés plutôt que plastiques.
  3. Réutiliser/Réparer, celui-ci marche lorsque vous voulez un nouvel objet, ou cherchez à vous débarrasser d’un vieux. Essayez de penser qu’un objet peut toujours avoir une seconde vie, si ce n’est une troisième ou une centième ! Quand vous cherchez un objet, pensez au marché de l’occasion (bon coin, brocantes, friperies, etc.), il y a des très fortes chances que vous y trouviez votre bonheur, et en plus pour pas cher ! Quand vous voulez vous séparer d’un objet ou alors qu’il ne vous sert plus, pensez aussi que vous pouvez les revendre ou les donner, ça fera surement des heureux.ses ! Si un objet est cassé, envisagez de le réparer, ou alors de le reconvertir à un autre usage (un vieux slip peut faire un merveilleux chiffon !)
  4. Recycler, quand vraiment vous devez jeter quelque chose, car les 3 premiers R étaient impossibles, ayez les règles de tri de votre commune en tête, et participez au tri sélectif. Cela permettra à votre déchet de devenir une ressource pour la fabrication de nouveaux objets. Sans cela, il sera brûlé ou enfoui, et aura donc un impact durable sur l’environnement (et votre conscience !)
  5. Composter, là on ne va pas se mentir, on n’est pas tous égaux sur la facilité d’accès à un compost. Mais malgré tout, des solutions existent pour nos amis citadins : les composts de quartiers, le ramassage du compost en bas de l’immeuble au même titre que les poubelles jaunes ou le verre (dans certaines communes), mais vous pouvez également faire l’acquisition d’un lombricompost, une solution plutôt simple, compacte et efficace pour faire un compost autonome et individuel.

Vous n’aurez pas manqué de constater que la règle des 5 R, ce n’est pas tant un guide de gestion des déchets, mais plutôt de prévention, qui arrive en amont, qui permet d’éviter le déchet en lui-même dans la mesure du possible, et lorsqu’il est inévitable de minimiser sa fréquence et son impact.

Maintenant que le sujet a été introduit, et bien introduit, on va pouvoir regarder un peu ce qu’il se passe au sein de la Tuilière !

En vrai, rien de bien original au-delà de l’application des 5 R, mais voici quand même une petite liste non exhaustive pour stimuler votre créativité :

  • Un petit compost dans la cuisine pour tous les déchets de cuisine, que l’on vide régulièrement dans un grand compost à l’extérieur
  • Une ribambelle de bocaux, étiquetés et tarés pour aller faire les courses en vrac directement, dès qu’ils sont vides
  • Une recherche systématique sur LeBonCoin dès que l’on veut faire l’acquisition d’un nouveau bien
  • La fabrication artisanale de certains produits d’entretien ou d’hygiène (voir fiches descriptives à la fin de l’article)
  • Le tri sélectif des déchets, bien entendu
  • L’utilisation d’une yaourtière, pour s’émanciper des pots de yaourts jetables 
  • Un stock de matériaux en tout genre (une chute de bois ou une vieille chambre à air trouvera bien une seconde vie un de ces jours)
  • L’utilisation des cartons pour démarrer le poêle en hiver

Voilà le topo comme on dit. Bien entendu, nous avons encore quelques marges de progression, mais nous sommes déjà fier.e.s d’avoir mis tout ça en place. Et le résultat est au rendez-vous : nos ordures ménagères étant en faible quantité, nous avons demandé au camion poubelle de ne passer qu’une fois par mois au lieu d’une fois par semaine, pour lui éviter le détour 😉

Nous vous laissons avec quelques fiches tuto pour faire vous-même à la maison votre dentifrice, votre produit pour le lave-vaisselle ou la lessive pour le lave-linge !

Et si vous voulez creuser le sujet, on vous recommande le site https://www.famillezerodechet.com/ qui est une mine d’infos et d’astuces, dans une ambiance légère et décalée ^^

5- Un coucou de printemps !

Pas vraiment un article avec des infos cette fois, plutôt un petit clin d’oeil du printemps qui fleurit ici. On a beaucoup de plaisir à découvrir cette saison à la Tuilière, on n’avait jamais vu le lieu à cette période et donc on découvre littéralement de nouvelles plantes, pour notre plus grand bonheur 🙂

On aimerait vous en faire profiter, des fois que ça vous donne l’idée de venir voir par vous-mêmes 😉

On profite de l’énergie que cette ambiance nous donne pour préparer le potager à venir (préparation du sol, semis, élaboration de mini serres, …), pour tailler nos fruitiers, etc. Et on guette les fleurs à venir (tulipes, jacinthes, ….) =)

4- L’eau

L’eau nous entoure en permanence, et pourtant elle manque souvent. Elle est présente en tout, coule entre les doigts et est capable de ronger les roches les plus dures. Elle est un élément vital, essentiel. On a donc envie d’y apporter une attention particulière à la Tuilière. La stocker pour l’utiliser, s’en protéger, profiter de son impact sur le climat et pour la vie sauvage.

– Cours d’eau –

Nous avons la chance d’entendre un cours d’eau tout proche de la maison, notamment en hiver où le débit est important. On voit même de petites chutes d’eau depuis la maison. L’été, le débit est moindre mais c’est un lieu apaisant et rafraîchissant, on peut même se baigner dans un trou d’eau pour les moins frileu·x·ses.

Les chutes du Niagara version Tuilière
(le niveau est bien plus bas en été mais on peut quand même s’y rafraîchir les idées et les mollets ^^)
Le tumulte hivernal (n’essayez pas d’y attraper des écrevisses, y’en a qui ont essayé… comme dirait l’autre !)

– Stockage d’eau –

— Les seaux —

Œuf corse, nous souhaitons récupérer et stocker l’eau au maximum pour éviter d’utiliser l’eau potable, pour arroser notamment. Le chapi représente une bonne surface de toit, il serait donc facile de récupérer l’eau qui ruisselle. Pour l’instant nous avons un système D : très peu de gouttières et des bacs et seaux sous ces gouttières. On essaie de temps en temps de transvaser l’eau ainsi récoltée dans des bidons d’eau pour agrandir notre stock. Il sera bon à l’avenir de mettre des gouttières partout autour du chapi et d’avoir de grandes cuves pour stocker une grande quantité d’eau.

— Le puits —

Eh oui, on a un puits ! Auréolé de la magie des bois, la légende raconte que pour obtenir son brevet de tuilier, les candidat·e·s devaient descendre tout au fond et remonter seulement quand iels avaient compris que c’était du bizutage #NarcisseRevisité

Le puits

— Les mares —

Il semble que des tentatives ou des anciennes mares étaient présentes sur le terrain : des trous creusés, peuplés de roseaux, signe de la présence d’eau. Nous avons tenté d’en réhabiliter une. La question était : est-ce qu’une mare naturelle est possible ou est-il nécessaire de la tapisser d’une membrane pour qu’elle soit imperméable ? Nous avons fait le test avec un peu d’argile tassée dans un bac troué. Nous avons observé que l’eau ne passait pas à travers l’argile, on n’en retrouvait pas sous le bac. Donc on a tenté la technique en grandeur nature. On a enlevé les roseaux, recreusé et tassé de l’argile pour tapisser le contour et le fond. De temps en temps, on vide nos bacs d’eau dans la mare, pour la remplir et stocker l’eau de pluie. Un tuyau préexistant semble aussi amener l’eau de pluie ruisselant depuis la route dans la mare.

Test d’imperméabilité de notre argile
Remplissage de la mare

On a aussi la chance d’avoir un “bassin” sur une autre partie du terrain. On n’y a rien fait, c’est là qu’on a pris l’argile pour réhabiliter la première mare. Et elle se remplit toute seule.

Deuxième mare

– La neige –

Nous avons eu la surprise d’avoir de la neige à la maison. À nouveau l’eau nous montre sous cette forme tout son paradoxe, toute sa multiplicité. La neige recouvre et cache tout, on ne voit plus les formes ni les couleurs, tout est blanc. Et pour autant elle permet de faire apparaître nettement des choses invisibles auparavant : des traces de pattes ! Nous avons repéré des traces de chat et de poules, nous connaissons déjà ces habitant·e·s, et nous avons également eu la confirmation d’une autre présence : celle du renard ! …

Cessez de nous envoyer vos photos d’empreintes en espérant qu’on vous les identifie, vous saturez notre boîte mail ! Nous, on les a suivies jusqu’au grillage où une ptite touffe rousse était accrochée. Si ça se trouve, c’était juste un cocker.

D’autres animaux laissent aussi des traces dans la neige. Des traces … moins subtiles ;-p. Nous vous laissons deviner l’identité de ces fabuleux artistes !

De grands enfants ces Tuileux !

– Consommation d’eau domestique –

On a aussi envie de réfléchir à notre consommation d’eau dans la maison pour essayer de la minimiser. On utiliser un lave-vaisselle parce qu’il parait que ça consomme moins, on récupère l’eau qui coule quand on attend que l’eau de la douche chauffe et on tire la chasse avec, on tire peu la chasse d’eau #PipiDehors, … On a aussi pour projet de construire des toilettes sèches, extérieures et peut être même intérieures, afin d’encore minimiser la consommation d’eau pour les chasses. On a envie de réfléchir à l’idée de la douche “infinie”, où on peut faire couler l’eau de la douche autant qu’on veut puisqu’elle tourne en boucle, avec un dispositif de filtration 🙂

Enfin, pour le traitement de nos eaux domestiques, nous allons construire une phyto-épuration. L’assainissement actuel est à refaire de toutes façons (fosses septiques plus aux normes) et on en profite donc pour mettre en place ce mode de traitement naturel. Il s’agit d’une succession de lits de décantation/filtration où l’eau est traitée à la fois par les racines de certaines plantes et par des bactéries. Le traitement de l’eau n’est donc plus quelque chose que l’on cache et qu’on oublie, il fait bien partie du paysage et s’y intègre parfaitement. On mettra en œuvre ce chantier au printemps/été 🙂

Semaine 3 : les arbres

On a parlé humains, on a parlé animaux, parlons arbres ! 🙂 Comme on entend souvent, “le meilleur moment pour planter un arbre c’est il y a 20 ans, le deuxième c’est maintenant”.

On nous a souvent demandé ce qu’on voulait planter ici, on répondait soit qu’on savait pas, soit qu’on voulait tout. La première réponse a un peu évolué ces semaines puisqu’on s’est penchés un peu sur le design du lieu et ce qu’on allait commander et acheter.

En gros notre raisonnement c’est :

  1. On aime manger, on aime les fruits, on en veut plein, de toutes sortes et aussi souvent que possible. Donc on recherche des variétés qui donnent de bons fruits et une récolte étalée au maximum dans le temps.
  2. On a envie de s’adapter au sol et au climat et pas le contraire, on plantera ce qui correspond au terrain. Donc on recherche des variétés résistantes au gel et aux maladies.

Dans un premier temps donc, on a voulu chercher à comprendre ce qui composait notre nouveau lieu de vie, quelles étaient les différentes zones et leurs caractéristiques. Il en ressort a priori (on n’est là que depuis quelques mois …) qu’on a des zones assez variées : sèches/humides, gélives (qui craignent le gel)/bien exposées, plutôt ouvertes ou très arborées, …

On vous montre tout ça dans le plan ci-dessous et on vous raconte nos choix de plantations en fonction.

De ces observations découlent quelques ‘règles’ et nos orientations :

  • on ne cherchera pas à planter des choses qui ont besoin d’eau sur la zone sèche en hauteur, par contre elle sera utilisée pour tout ce qui est gélif (pêchers, abricotiers, amandiers, vignes, plantes aromatiques méditerranéennes, …).
  • On utilisera la zone humide pour faire la phytoépuration et on y mettra des arbres qui aiment bien avoir “les pieds dans l’eau” (plaqueminier, figuier, bambou, …).
  • Le jardin devant la maison est déjà très arboré, ça fait presque un peu sous-bois (on a même des fraises des bois !), donc on essaiera simplement d’y mettre des plantes qu’on aimera avoir à portée de main et adaptées : des petits fruits et des aromatiques. La façade est orientée Sud et de la vigne vierge la recouvre, on essaiera donc aussi de mettre de la vigne pour avoir du raisin de table.
  • Un truc plutôt funky : on va essayer de faire une ‘forêt comestible’ dans la chênaie (peuplée essentiellement de chênes, d’où son nom, et de cerisiers, pommiers, …). On va donc essayer d’utiliser les arbres présents pour faire grimper des lianes dessus (kiwis, vignes, etc.), planter des petits fruits un peu partout et ajouter quelques arbres.
  • Dans le verger, on ajoutera des arbres intéressants pour la pollinisation de ceux qui sont déjà là : mirabellier, noisetier, poirier.
  • Dans la prairie, RAS, on garde un terrain de jeu 😉
  • Enfin on va utiliser le mur d’enceinte Sud dans le potager pour mettre à nouveau des vignes (décidément on aime le raisin !).

Comme on a envie d’avoir des fruits relativement vite et qu’on ne s’y connait pas des masses, on décide de commander des plants de 1 an à racines nues chez des pépiniéristes bios. C’est un sacré casse-tête pour choisir des variétés mais bon, on y va un peu au feeling.

Vous savez tout ! 🙂 on vous tiendra au courant de nos plantations. On a d’ailleurs lancé les hostilités avec la plantation d’un jeune figuier, de bambou et d’un poirier !

Et pour le moment, on patiente en essayant de faire des plants pour plus tard. On suit beaucoup Damien Dekarz et sa chaine Youtube “agroécologie, permaculture et cie”. Il nous a motivé.e.s à faire des semis (poire, pomme, pêche, …) et boutures (figuier, noisetier, kiwi, romarin, sauge, lavande, sureau, …). Un petit aperçu de notre mini-pépinière !

Semaine 2 : les animaux de la Tuilière

On n’est pas seuls dans ce bel endroit, et on aimerait profiter de ce temps pour vous présenter nos compagnes et compagnons domestiques… ou pas 🙂

Ça gratouille…

Le premier animal avec lequel on a fait la connaissance en arrivant dans la maison c’est … le loir ! Ca gratte partout dans les murs et les plafonds, dur dur de dormir parfois tellement ils font du boucan ! On les entend aussi pousser des cris perçants à l’extérieur. Sont-ils chez nous ou sommes-nous chez eux ? Tout un débat … ^^

Un jour, par hasard, on en voit un en haut d’un meuble ! On ne se laisse pas déstabiliser et on réussit à l’attraper. Malheureusement, la curiosité et la mignonnerie du machin l’ont emporté et on l’a laissé échappé … on l’a regardé tranquillement (et extasié · e · s) s’agripper et remonter le mur extérieur, jusqu’à retourner à l’intérieur de la maison par un trou. L’échec ! Bon au moins on connait un de leurs passages.

Toujours est-il qu’on aimerait éviter qu’ils grignotent le peu d’isolant qu’on a, voire des câbles électriques … et on aimerait dormir tranquilles ! Donc on a essayé de les piéger dans des petites cages, avec un bout de fruit ou de pain au bout. Ça marche pas des masses … jusqu’au jour où on en capture enfin un ! Bon là on est contents … vraiment ? C’est mignon quand même comme bestiole (en plus ça dort le jour donc c’était tout ensuqué dans sa cage), on sait pas trop quoi en faire, où l’emmener, on le sépare de sa famille ? Au bout de quelques jours (on l’a nourrit quand même hein !) on réussit enfin à l’emmener à quelques kilomètres de là. C’en n’est pas fini pour autant mais c’est un petit pas, difficile de savoir quoi faire …

Elle est où la poulette ? Elle est bien cachée ?

Ça on peut le dire ! …

Bon on arrive à la campagne, on a plein d’espace, on veux bien avoir des animaux … et puis on aime bien les œufs, allé on prend des poules ! Ok mais alors il nous faut un poulailler. Ça a été beaucoup de réflexion pour décider où le mettre, en quoi le fabriquer … Finalement ça nous a sauté aux yeux : on va recycler deux petits meubles bien solides au bout du chapi, comme ça elles seront à l’abri et auront accès directement à l’extérieur. On se chauffe même à autoconstruire abreuvoir et mangeoire, on va chercher du foin pour leur pailler un petit nid douillet.

Avant …
… Après ! 🙂

Ok on a un poulailler, maintenant il nous faudrait les fameuses poules. Ça tombe bien, le gérant de la ferme voisine fait lui-même naître ses poules de races anciennes. Il nous en propose trois d’environ 5 mois, pas encore entrées en ponte. Elles sont issues d’un croisement des races Sabelpoot Gournay et Brackel. Des bestioles bien rustiques, qui ne devraient pas manger beaucoup de grain, se débrouiller beaucoup par elles-mêmes.

Bon on les adore hein, elles sont belles, c’est chouette de les voir. L’ennui c’est qu’on ne les voit pas beaucoup justement … Elles sont plutôt très sauvages, ne se laissent pas approcher … et dorment même pas dans le poulailler ! On a des warriores : elles dorment perchées en haut des arbres. Bon, soit, ce sont des animaux plutôt sauvages, on est quand même content.e.s de partager nos extérieurs avec elles. Elles ne pondent pas encore, ça viendra, normalement ^^ Dernière tuile : il en manque une à l’appel depuis un peu plus d’une semaine … le renard a du passer par là 🙁 C’est triste et en même temps on avait fait le choix de pas trop les barricader pour “laisser faire les choses”, nous y voilà !

Les vaches intermittentes

Il y a un grand pré en dessous de notre maison, au bord du cours d’eau. Et parfois quelques génisses font leur apparition ! C’est assez drôle de les voir depuis chez nous. Parfois elles sont toutes proches de la clôture, elles broutent un peu les arbustes qui dépassent de chez nous … et on les sent bien curieuses, elles semblent nous épier ! :-p

Le chat botté

Un chat rode pas mal autour de chez nous, noir et blanc, mais n’attendez pas de photo de près. Celui là aussi est un sauvage. Il aime particulièrement se vautrer dans les bottes … de foin ! et il attrape des souris 🙂

Vous l’avez ? ^^

Barbie et Chette sont dans un pré

Voilà t’y pas que récemment deux magnifiques comtoises ont débarqué dans notre champ 🙂 Elles appartiennent à un voisin. L’une d’elles (Barbie) porte un poulain, c’est leur job : faire des poulains qui seront vendus, sympa hein ?! :/ Elles n’ont pas l’air malheureuses. La plus jeune (Chette) est “collante” : elle vient nous voir, reste tout près de nous et court vers nous quand on s’éloigne, à la fois attendrissant et flippant 🙂

C’est tout !?

Quand on saura faire, on vous montrera les photos de tous les oiseaux, renards et insectes qui se baladent dans le coin 😉

Semaine 1 : Le vivre ensemble

Un bout de confinement à 8 ?! … Allé ! Challenge !

Le 2ème confinement arrive… Ouf ! On est tou·te·s les 5 à la maison ! Se pose alors la question d’accueillir d’autres personnes avec nous pour qu’elles profitent aussi du cadre et du groupe. Bon, ce sont des personnes qu’on sent bien mais quand même, est-ce que ça sera pas un peu chaud d’être 8 non stop, en étant confiné·e·s ? …

Rien n’est laissé au hasard, dès le premier jour, on a mis en place des outils pour nous aider à organiser la vie à 8, histoire de rendre le tout léger, fluide et efficace. On vous explique.

1. Le tableau !!

On a utilisé un tableau sur lequel on a listé les jours de la semaine et différentes catégories : repas du soir, courses, ménages, activité et film. L’idée est que chacun·e peut s’inscrire dans n’importe quelle case pour dire au groupe qu’iel propose de participer à cet aspect-là de la vie à ce moment-là. On s’est dit que ça serait sympa d’avoir des groupes différents chaque soir pour préparer le repas, de même pour les courses et le ménage. Et, surtout pour les repas, un genre de petit jeu se met vite en place où chacun·e a envie de proposer sa petite recette, son plat fétiche. Sur une semaine on a donc eu des mets aussi originaux et délicieux que des fajitas, des steaks végétariens, des pâtes al vino ou de la garbure (une soupe du Sud-Ouest). Au final, le fait de cuisiner pour le groupe ou de faire une tâche pour la maison n’est plus une corvée, c’est un jeu et un plaisir. Pourquoi ? L’idée c’est de s’inscrire si et seulement si on offre avec joie au groupe. On le fait donc en conscience et sans le vivre comme une exigence (ni de la part des autres, ni de soi-même). On sait quel(s) soir(s) on sera d’office, et on sait que les autres soirs on mangera un repas délicieux sans s’en soucier. Et le fait que chacun·e ait envie de partager donne envie aux autres de faire de même, pour un cercle vertueux magnifique 🙂

Ce tableau est aussi très très chouette pour ses dernières colonnes : qui veut peut proposer une activité ou un film. On a eu une initiation au Systema, du yoga, des jeux de société, des balades, des moments sportifs, des documentaires… Ça apporte une richesse de ouf parce que chacun·e peut apporter sa singularité, et une grande légèreté : pas besoin de discuter des heures pour s’organiser, les choses se font « toutes seules » sur le tableau.

2. La boîte à mercis

Ça tombait bien, on en avait justement déjà discuté à 5, c’était d’autant plus intéressant de l’expérimenter à 8 ! L’idée est toute simple : des petits bouts de papier sur lesquels chacun·e peut venir écrire un merci à n’importe quel moment et glisser dans la boîte. L’idée est encore une fois d’apporter de la légèreté et d’encourager la célébration. C’est vrai qu’on n’est pas toujours tous·te·s raccord sur nos timing, parfois on ressent une émotion, une gratitude super forte et c’est pas forcément le moment de la partager avec tout le monde, ou on n’ose pas, on ne sait pas comment s’y prendre. L’idée est de célébrer, peu importe le fond et la forme : on peut remercier une personne en particulier pour une action en particulier ou tout simplement remercier la vie de ce qu’elle nous donne.

On a décidé de faire un tour de la boîte à mercis une fois par semaine. On se la fait tourner et chacun·e lit à tour de rôle un mot tiré au hasard. Ça donne l’occasion de moments de complicité muets et aussi de grandes effusions, de rire et d’échanges. On peut ainsi réaliser à quel point on se sent soi même très reconnaissant pour telle ou telle chose et ça aide à capter l’état d’esprit des autres. Un beau moment de communion.

3. Les temps calmes

Enfin, on trouve que c’est important de “ritualiser” des moments de parole libre. On pense qu’il n’est pas suffisant de croire que les choses se diront naturellement, sans prévoir un temps dédié pour ça, i.e. éviter le célèbre “Faut qu’on parle”. Pour ça, on prévoit un peu de temps pour pas se sentir speed et on se réunit tous en cercle. L’idée est simple : chacun·e aura un temps pour s’exprimer et dire tout ce qu’iel veut sur la vie en collectif à la Tuilière. C’est l’occasion de dire comment on vit les choses, ce qu’on aime, ce qu’on n’aime pas. On se rend compte en pratiquant que souvent la personne qui parle regarde dans le vague, comme si on regardait à l’intérieur de soi et plus à l’extérieur. Les autres ne nous interrompent pas, ne réagissent pas (ou discrètement). L’idée est aussi de ne pas réagir ou répondre à quelqu’un une fois notre tour venu, pour éviter de parasiter sa propre expression, ça peut venir dans un second temps de discussion. Précision : ce format est intéressant pour toute taille de groupe, même à deux, même en couple 😉 #Dyads

L’exercice vise l’expression libre et l’écoute active. Pour favoriser une profonde sensation d’apaisement et de connexion avec les autres. Il est aussi super intéressant de réaliser comment les autres vivent les choses, on en apprend beaucoup, sur ce qui est important pour eux, ce qui les gênent… Ça aide ensuite doublement : si on a envie de prendre soin de certains aspects, on sait mieux comment s’y prendre (même si aucune demande n’a été faite), et sinon on peut mieux comprendre les réactions et états d’esprit des autres, s’y adapter et moins les prendre pour soi.

Anecdote sur l’origine du nom #Interview

On pose notre micro sur le menton d’un·e habitant·e de la Tuilière qui a accepté de nous rencontrer à condition d’être flouté·e #SecteDangereuse

Ce jour-là, il y avait ma nièce, excitée, exigeante. Ma mère a commencé à parler des moments de sieste et de jeux silencieux organisés dans sa classe de primaire, pour éviter de la retrouver dans cet état-là. La maîtresse appelait ces moments des « temps calmes ».

Propos recueillis par Circée Latuile

Finalement ….

… Malgré quelques éventuelles appréhensions de départ (après tout, c’est pas rien de vivre ensemble !), le temps calme de clôture a révélé qu’on a tous été très heureux d’avoir vécu cette expérience. Et c’était un peu l’objet de notre projet d’oasis. Ça nous a montré que ça marchait : on peut très bien vivre nombreux en harmonie si on le décide et qu’on emploie les bons outils pour ça, tant ceux qu’on a décrit ici que des aspects plus structurels comme l’espace, le confort, l’intimité de chacun·e…

Je crois qu’on s’est senti·e·s très heureu·x·ses et chanceu·x·ses de pouvoir vivre une telle expérience, dans de si bonnes conditions. Et ça nous conforte dans l’idée que notre projet d’oasis était ce à quoi on aspirait : un lieu dans lequel on puisse s’épanouir à la fois en groupe et individuellement, où on puisse avoir tant la liberté et l’intimité, que la richesse des partages et la connexion avec les autres. Dans ces conditions, on se sent serein·e et fort·e 🙂