4- L’eau

L’eau nous entoure en permanence, et pourtant elle manque souvent. Elle est présente en tout, coule entre les doigts et est capable de ronger les roches les plus dures. Elle est un élément vital, essentiel. On a donc envie d’y apporter une attention particulière à la Tuilière. La stocker pour l’utiliser, s’en protéger, profiter de son impact sur le climat et pour la vie sauvage.

– Cours d’eau –

Nous avons la chance d’entendre un cours d’eau tout proche de la maison, notamment en hiver où le débit est important. On voit même de petites chutes d’eau depuis la maison. L’été, le débit est moindre mais c’est un lieu apaisant et rafraîchissant, on peut même se baigner dans un trou d’eau pour les moins frileu·x·ses.

Les chutes du Niagara version Tuilière
(le niveau est bien plus bas en été mais on peut quand même s’y rafraîchir les idées et les mollets ^^)
Le tumulte hivernal (n’essayez pas d’y attraper des écrevisses, y’en a qui ont essayé… comme dirait l’autre !)

– Stockage d’eau –

— Les seaux —

Œuf corse, nous souhaitons récupérer et stocker l’eau au maximum pour éviter d’utiliser l’eau potable, pour arroser notamment. Le chapi représente une bonne surface de toit, il serait donc facile de récupérer l’eau qui ruisselle. Pour l’instant nous avons un système D : très peu de gouttières et des bacs et seaux sous ces gouttières. On essaie de temps en temps de transvaser l’eau ainsi récoltée dans des bidons d’eau pour agrandir notre stock. Il sera bon à l’avenir de mettre des gouttières partout autour du chapi et d’avoir de grandes cuves pour stocker une grande quantité d’eau.

— Le puits —

Eh oui, on a un puits ! Auréolé de la magie des bois, la légende raconte que pour obtenir son brevet de tuilier, les candidat·e·s devaient descendre tout au fond et remonter seulement quand iels avaient compris que c’était du bizutage #NarcisseRevisité

Le puits

— Les mares —

Il semble que des tentatives ou des anciennes mares étaient présentes sur le terrain : des trous creusés, peuplés de roseaux, signe de la présence d’eau. Nous avons tenté d’en réhabiliter une. La question était : est-ce qu’une mare naturelle est possible ou est-il nécessaire de la tapisser d’une membrane pour qu’elle soit imperméable ? Nous avons fait le test avec un peu d’argile tassée dans un bac troué. Nous avons observé que l’eau ne passait pas à travers l’argile, on n’en retrouvait pas sous le bac. Donc on a tenté la technique en grandeur nature. On a enlevé les roseaux, recreusé et tassé de l’argile pour tapisser le contour et le fond. De temps en temps, on vide nos bacs d’eau dans la mare, pour la remplir et stocker l’eau de pluie. Un tuyau préexistant semble aussi amener l’eau de pluie ruisselant depuis la route dans la mare.

Test d’imperméabilité de notre argile
Remplissage de la mare

On a aussi la chance d’avoir un « bassin » sur une autre partie du terrain. On n’y a rien fait, c’est là qu’on a pris l’argile pour réhabiliter la première mare. Et elle se remplit toute seule.

Deuxième mare

– La neige –

Nous avons eu la surprise d’avoir de la neige à la maison. À nouveau l’eau nous montre sous cette forme tout son paradoxe, toute sa multiplicité. La neige recouvre et cache tout, on ne voit plus les formes ni les couleurs, tout est blanc. Et pour autant elle permet de faire apparaître nettement des choses invisibles auparavant : des traces de pattes ! Nous avons repéré des traces de chat et de poules, nous connaissons déjà ces habitant·e·s, et nous avons également eu la confirmation d’une autre présence : celle du renard ! …

Cessez de nous envoyer vos photos d’empreintes en espérant qu’on vous les identifie, vous saturez notre boîte mail ! Nous, on les a suivies jusqu’au grillage où une ptite touffe rousse était accrochée. Si ça se trouve, c’était juste un cocker.

D’autres animaux laissent aussi des traces dans la neige. Des traces … moins subtiles ;-p. Nous vous laissons deviner l’identité de ces fabuleux artistes !

De grands enfants ces Tuileux !

– Consommation d’eau domestique –

On a aussi envie de réfléchir à notre consommation d’eau dans la maison pour essayer de la minimiser. On utiliser un lave-vaisselle parce qu’il parait que ça consomme moins, on récupère l’eau qui coule quand on attend que l’eau de la douche chauffe et on tire la chasse avec, on tire peu la chasse d’eau #PipiDehors, … On a aussi pour projet de construire des toilettes sèches, extérieures et peut être même intérieures, afin d’encore minimiser la consommation d’eau pour les chasses. On a envie de réfléchir à l’idée de la douche « infinie », où on peut faire couler l’eau de la douche autant qu’on veut puisqu’elle tourne en boucle, avec un dispositif de filtration 🙂

Enfin, pour le traitement de nos eaux domestiques, nous allons construire une phyto-épuration. L’assainissement actuel est à refaire de toutes façons (fosses septiques plus aux normes) et on en profite donc pour mettre en place ce mode de traitement naturel. Il s’agit d’une succession de lits de décantation/filtration où l’eau est traitée à la fois par les racines de certaines plantes et par des bactéries. Le traitement de l’eau n’est donc plus quelque chose que l’on cache et qu’on oublie, il fait bien partie du paysage et s’y intègre parfaitement. On mettra en œuvre ce chantier au printemps/été 🙂